Exemple de gestion d'une situation Imprimer

Laura travaille chez vous depuis une année. Elle vous a fait part de sa situation et vous lui avez demandé qu’elle note par écrit ce qui lui est arrivé.
Voici son témoignage:

Dès le début de mon engagement à l’Hôtel, mon chef, David, a eu des attitudes très familières avec moi. Il me frôlait, il me touchait les cheveux, il me demandait comment j’avais passé le week-end. A plusieurs reprises, il m'a proposé de venir prendre un verre avec lui après la sortie du travail. J’ai toujours refusé prétextant que j’avais des courses à faire ou mon enfant à aller chercher à l’école.

Après ma période d’essai, ses avances sont devenues de plus en plus directes. Un jour, c’était le 15 juin de l’année passée, il m’a dit que je lui plaisais et que lorsque j’aurais fini le nettoyage des chambres, nous pourrions aller au 4ème dans une chambre. J’étais très choquée, je n’ai pas pu répondre. J’ai pensé qu’il avait compris que je n’étais pas intéressée. Après mon travail, je suis vite partie au vestiaire me changer, il m’attendait devant la porte. Par chance, une collègue est arrivée au même moment. J’ai profité pour lui demander de m’accompagner au vestiaire, prétextant que j’avais mal à un bras et que j’avais de la peine à remonter la fermeture éclair de ma robe. Mon chef s’est éloigné.

Le lendemain, quand je suis retournée au travail, mon chef était d’une humeur exécrable avec moi. Il m’a reproché de ne pas avoir changé les serviettes des chambres alors que nous le faisions tous les deux jours. De plus, comme l’une de nous était malade, il m’a rajouté son travail, au lieu de le répartir sur l’ensemble des femmes de chambre. Ce régime a duré trois mois jusqu’à ce que la collègue revienne. Je n’en pouvais plus, il venait contrôler dans les chambres si je faisais correctement mon travail et il profitait pour me serrer contre un mur. Il m’a même touché les seins. Il était tout le temps derrière moi. J’avais peur que les collègues pensent que nous étions ensemble.

Je rentrais chez moi. J’étais fatiguée. Je ne mangeais plus. J’étais déprimée. J’ai parlé à mon mari de la situation ; il voulait aller lui casser la figure. Le lendemain, je ne suis pas allée travailler. Mon mari est allé voir mon chef. Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit. Mon mari était très énervé à son retour. J’ai vu mon médecin qui a constaté mon état, j’avais perdu dix kilos et je ne voyais pas comment je pouvais retourner au travail. Depuis je suis en arrêt.


Quelles démarches allez-vous entreprendre ?

1. Etablir les faits


a) Entendre la personne mise en cause
b) Entendre les témoins
c) Relever les indices qui pourraient vous faire penser qu’il s’agit de harcèlement sexuel

1.1 Demander une enquête à un organisme externe

Si vous ne parvenez à vous faire une idée, car les versions des deux parties divergent ; il est alors nécessaire de faire appel à un-e spécialiste externe (avocat-e, psychologue du travail, par exemple) dans le but de mener une enquête pour établir les faits.

2. Prendre des mesures


2.1 Si le harcèlement sexuel est établi Laura doit reprendre le travail, une fois rétablie et se retrouver en sécurité. David doit être sanctionné et présenter des excuses auprès de Laura. Si David n’est pas licencié, Laura ne peut pas continuer à travailler avec David, elle ne peut par contre pas être déplacée contre son gré. Dans ce cas, il faudra trouver un autre poste pour David, suffisamment éloigné de Laura. Faites attention lors de la reprise du travail de Laura qu’elle ne soit pas rejetée par ses collègues.

2.2 Si le harcèlement sexuel n’est pas établi

Le manque de preuves ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a pas eu harcèlement sexuel, c’est pour cette raison qu’il faudra évaluer avec Laura la situation et envisager de lui retrouver une place de travail où elle ne dépendra plus de David.

Lorsque qu’un cadre est l’auteur d’une situation de harcèlement sexuel, tous les autres cadres de votre entreprise n’ont pas à se sentir responsables et solidaires de leur collègue. Le personnel d’encadrement n’a aucune responsabilité dans ce qui est arrivé. Par contre il a la responsabilité de faire cesser le harcèlement sexuel, lorsqu’il en a connaissance.